Entretien réalisé par Coeurs de foot : http://www.coeursdefoot.fr/event/kim-cazeau-la-joueuse-a-tester-en-equipe-de-france-/

Certains talents passent parfois sous les radars, alors qu'ils font leur preuve en club et le bonheur de leur(s) entraîneur(s). Coeurs de Foot a voulu mettre en avant l'une de ces joueuses qui ne défraye pas l'actualité, mais qui mériteraid'être convoquée en sélection, Kim Cazeau. Ses coachs ne tarissent pas d'éloges sur elle, mais se veulent également prudents sur leur joueuse pour la préserver. 

Arrivée à Albi en 2008, Kim Cazeau est "un pur produit du club" comme nous l'a rappelé Patrice Garrigues l'un de ces deux coachs cette saison. "Kim fait un bon début de saison et ça c'est très positif. Elle a des qualités intrinsèques, des qualités de vitesse, c'est une fille très laborieuse, qui est consacrée au travail, avec beaucoup d'abnégation, de courage et qui est capable de faire beaucoup d'efforts et de les répéter. C'est une fille comme on en a besoin à Albi." tient-il à ajouter. Avant d'être rejoins par Theodore Genoux : "C'est une joueuse qui a de très bonne qualité athlétique, qui est très puissante et très rapide. Elle a une bonne VMA, c'est à dire qu'elle a une capacité à bien répéter les efforts. Tactiquement elle est assez bonne, au niveau des consignes elle arrive à les assimiler et à les réaliser sur le terrain." Ces coaches ne tarissent pas d'éloges sur elle, mais se veulent également objectifs. Là où il faut qu'elle progresse encore c'est au niveau technique et de sa régularité, où il faut qu'elle arrive à faire des matches complets." nous lance Théodore Genoux. "Elle a du caractère mais ça mériterait lors de séances d'entraînements d'être canalisé, parce qu'elle a horreur de perdre. Mais je préfère des joueuses comme ça que des joueuses sans tempérament." rétorque Patrice Garrigues.  

Patrice Garrigues et Theodore Genoux se veulent prudents et réalistes au sujet de la sélection. 

"C'est aux sélectionneurs de juger. Après c'est à elle de réaliser des performances de haut niveau, de continuer comme ça. Elle a encore des choses à améliorer, elle est sur la bonne voie, elle a fait un bon début de saison, mais moi ce que je lui ai dit c'est qu'elle ne se pose pas trop de questions." commence Théodore Genoux. 

"Il ne faut pas brûler les étapes. Je pense que c'est une fille qui progresse très bien vu son jeune âge, elle commence à arriver à maturité on va dire. La A je pense que c'est un peu tôt, il faut qu'elle fasse encore ses preuves et pourquoi pas en équipe B. Je pense qu'elle mériterait d'avoir sa chance." poursuit Patrice Garrigues. 

Ces deux coachs attendent avant tout d'elle, qu'elle se concentre sur le club.

"Ce que je dis aux filles, c'est que sans le collectif vous n'êtes rien. Mais elle gagne en réalisme." confie Genoux.

"Ce sur quoi il faut insister, c'est que Kim profite également de l'évolution du groupe, donc sa performance actuelle individuelle émane aussi des progrès du collectif." ajoute juste après Garrigues.

Mais ils se veulent également optimistes et protecteurs. 

"C'est une joueuse qui ne compte pas ses efforts, elle est très généreuse sur le terrain. C'est quelque chose de très positif. En plus elle a un état d'esprit irréprochable, avec un côté compétiteur et elle a horreur de perdre. C'est une qualité très importante dans le football parce que ça pousse l'équipe dans le bon sens. Elle a cette envie de gagne, cette motivation de la gagne qui est très présente. C'est pour cela qu'elle avance et qu'elle progresse parce qu'elle ne se contente jamais de ce qu'elle a et ça lui permet d'aller chercher plus. Elle a un mental fort et ne se contente pas du minimum." affirme Garrigues.

Une sélection qui se mériterait.

"Oui je suis d'accord, lors de rassemblements ou de matches amicaux, elle mériterait d'être appelée vu ses performances actuelles. Maintenant faut pas qu'elle grille les étapes et il ne faut pas que ça soit son seul objectif parce que sa réussite avec la sélection passera par ses performances en club. Il faut qu'elle continue à travailler avec nous lors des séances, de continuer à faire de bons matches et la sélection viendra entre guillemets "naturellement"." Garrigues.

Ça serait tout de même la belle histoire d'avoir l'une de vos joueuses, une joueuse d'Albi en sélection, ça pourrait pousser toute l'équipe ?  

"Ça serait une récompense pour elle mais pour le groupe aussi, que de voir qu'une de leur partenaire est en équipe de France. Ça voudra dire que le groupe vit bien, que l'équipe travaille bien et que le groupe est capable de sortir des individualités." Garrigues.

Photo : Aubin Lipke - Photos, micro, stylo

Dounia MESLI

Longtemps, l'Asptt a pâti de l'absence d'attaquantes, à telle enseigne que l'on pouvait nourrir des inquiétudes sur sa capacité à se maintenir en D1. Le mercato a apporté des changements qui ont tout transformé. Laurie Saulnier et Milica Mijatovic sont arrivées. Et quatre victoires à l'extérieur s'en sont suivies : Metz, Saint-Etienne, Bordeaux, Guingamp, avec l'assurance du maintien, et la probabilité de faire mieux, beaucoup mieux… Milica est Serbe, née à Belgrade, d'une famille non sportive et de parents cadres d'entreprises. Ses deux sœurs aînées sont médecin et économiste.

Elle n'a pas été spécialement précoce en sport, et n'a commencé en club qu'à 11 ans, après avoir été remarquée en scolaires. D'abord au «Lask» du quartier de Lalarevac, elle a rejoint le Red Star de Belgrade, dont elle est devenue la capitaine, après le rachat par ce club, du club de banlieue, pour monter une équipe féminine. Elle a été fidèle au Red Star jusqu'à ses 20 ans, avant de jouer au «Bllk» au Kazakhstan, ce qui lui a permis de disputer trois années de suite la Coupe d'Europe et d'affronter, notamment, le PSG. Revenue au Red Star, elle a obtenu son master en économie, et veut aller désormais jusqu'au doctorat. Celle qui a porté plus de 50 fois le maillot de son pays, tant chez les U19 qu'en seniors, vient de battre récemment 2-1 la Finlande il y a 15 jours. Elle a retrouvé ici Alexander Krstic, qui la manage, comme Cristina Pantelic, qui a longtemps été sa partenaire, tant à Belgrade qu'au Kazakhstan.

Mais le championnat de France est attractif, et ce qui se fait de mieux sur le continent. «J'ai eu une très bonne impression vis-à-vis du club au cours des trois jours d'essais effectués en décembre. J'ai décidé de rester malgré deux offres en Allemagne. J'ai marqué contre Rodez pour le match perdu en coupe, et j'ai marqué le but de la victoire à Saint-Etienne. Actuellement moi et l'équipe sommes en pleine confiance, Deux autres victoires à l'extérieur se sont rajoutées depuis Saint-Etienne. Et on peut envisager encore plus haut avec un résultat à Soyaux». Elle est heureuse, Milica, dans cette équipe et dans cette ville qu'elle trouve belle, reposante, et foisonnante de culture.

M.F.

Pilar KHOURY :Un cèdre canadien
A l'heure où il est plus question de repli sur soi que d'accueil de l'autre, les exemples sont pourtant multiples de fleurs qui s'épanouissent sous d'autres contrées que la leur. Pilar Khoury est une enfant du monde. Parents fuyant un pays martyrisé, le Liban, avec un espoir déçu de pouvoir y revenir un jour: la raison les a faits s'enraciner au Canada, l'espoir d'un retour serein sur leurs terres d'origine s'étant éloigné, jour après jour. Et Pilar, 22 ans, est née au Canada comme son frère et sa soeur cadets y sont nés. En matière sportive, elle ne pouvait manquer de taper dans un ballon rond, avec un grand-père semi pro, en son temps, au Liban. A Ottawa, en terre anglophone, la petite Pilar a suivi toute sa scolarité au lycée français. Elle est un trilingue naturel arabe, français, anglais. Même si l'athlétisme, le volley-ball et surtout le basket-ball l'ont accrochée, mais elle est revenue au football, dont la pratique du haut niveau s'exerce en universitaire, faute de ligue professionnelle au Canada. Titulaire d'une licence en sciences de la santé, elle espère entamer un parcours de psychologue clinicienne. Elle est inscrite à Champollion, pour obtenir une seconde licence en psycho, et souhaite obtenir le master de cette spécialité, mais est aussi vraiment tentée par une carrière d'entraineur. Elle prend déjà un réel plaisir à encadrer les U17 filles avec sa coéquipière Angélique Schlepp. Elles obtiennent d'ailleurs de très beaux résultats avec une équipe pourtant très jeune, qui se situe au milieu du tableau de son championnat. Arrivée en début de saison, elle a joué un mois avec l'équipe 1, puis la DH, avant de réintégrer la une en début d'année. "Il fallait que je m'adapte au jeu européen, et que j'acquière l'intensité nécessaire pour y jouer, que je prenne confiance également", dit-elle. Après l'électrochoc du départ de Tatiana Solanet, l'équipe a vu son potentiel face à Montpellier et Marseille (défaites 1-0), et gagné 3 matches à l'extérieur: Metz, Saint-Etienne, Bordeaux. Elle en était à chaque fois, et affirme que l'équipe peut prendre des points pour chacune de ses échéances restantes: elle a d'ailleurs signé le but de la victoire à Guingamp
MF.

Rencontre avec la gardienne de l'Asptt Albi

Gabrielle Lambert, 23 ans, est une jeune femme bien dans sa peau. Elle a coulé une vie heureuse dans sa région de Montérégie, au Québec, entourée d'une famille aimante et sportive. Un père qui pratique le water-polo, une mère le sauvetage sportif, et un grand frère le football et le hockey sur glace, voilà pour le décor. Gabrielle a tout naturellement, avec gourmandise, pratiqué plusieurs sports, dont le trampoline, pendant 7 ou 8 ans. On mesure ce que cette pratique peut générer comme équilibre, et tout le bien qu'elle peut apporter à une gardienne, dont les réflexes, les anticipations, sont capitaux. Elle pratiquait également un sport inconnu chez nous, le dek hockey, un compromis entre hockey sur glace et sur gazon, qui se joue sur un terrain synthétique réduit transportable. Parallèlement à ces sports, le football est toujours resté le fil rouge de sa pratique sportive depuis ses 4 ans.

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Avant de se fixer dans la cage, elle a souvent été joueuse de champ, jusqu'à ses 18 ans. Remarquée au sein de sa sélection universitaire, elle a intégré le Dynamo pendant 2 saisons, un club qui a joué contre des équipes de province de l'Ontario une année, et contre des équipes américaines l'année suivante. Son entraîneur était en relation avec Bernard Espié : l'expérience de sa venue en France était tentante… La voilà donc à l'Asptt depuis le début de saison, avec la promesse de disputer les matches de coupe et, finalement, elle est titulaire dans la cage depuis début janvier. «J'ai trouvé l'équipe très familiale. C'est dur de partir loin de sa famille et de ses amis, mais ça vaut le coup».

Déçue qui ne le serait par la défaite contre Montpellier, elle et les autres filles ont le moral à bloc pour le match qui s'annonce décisif à Bordeaux. «J'ai une bonne relation avec toutes les filles de l'équipe, c'est sympa de vivre à 5 filles dans la maison du bonheur, en colocation».

Cette maison, c'est la petite maison dans la prairie, appartenant à l'Asptt, à l'angle des terrains, près du gymnase. Reprise des études (c'est fait), tour du monde à poursuivre : l'Asie après l'Amérique latine visitée en 2016. Seule avec son sac à dos, comme dans les buts, Gabrielle est une baroudeuse.

Michel Frejabise

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