C. Galien : «On aura besoin de tout le monde !»

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Clément Galien, un des coaches de l’ASPTT Football de l’Albigeois, conscient d’un péril menaçant en cas de défaite, dans le derby occitan de ce dimanche 13 octobre face au TFC, en appelle à la mobilisation générale. Pour le technicien rouge et jaune, le soutien de toutes les forces vives du club sera nécessaire, pour aider les albigeoises à sortir la tête de l’eau et lancer définitivement leur saison. Entretien avec Clément Galien, un coach qui attend une réaction franche et une prise de conscience , de ses joueuses, quant à la situation alarmante où se trouvent les ex-pensionnaires de D1F. En clair un derby qui sentira le souffre!

Clément, on arrive déjà dans le money-time à l’ASPTT puisque, ce dimanche, s’annonce un derby face au TFC avec une pléiade d’anciennes joueuses de l’ASPTT qui sont dans les rangs des violettes. Mais pas que, puisque, pour l’instant, l’ASPTT pédale un peu dans la semoule avec 3 défaites et un match nul en 4 matches. On va dire que, si on veut que la saison démarre maintenant, qu’elle prenne son envol, il faut à tout prix capitaliser les trois points ce dimanche à Rigaud ? 

Oui, il faut capitaliser trois points comme tu le dis. Loin s’en faut par rapport à ça puisque, sur 4 matches, on a pu récupérer qu’un point sur douze. C’est trop maigre par rapport aux ambitions de base qu’on aurait voulu mettre en place. Après, c’est comme pour tout, il faut réadapter notre position et là, avant de voir quoi que ce soit, il nous faut déjà suffisamment de points pour nous maintenir sur la D2. Il faut bien aller chercher ces trois points, oui. 

On le savait, ce match entre Albi et le TFC avait été coché depuis le début de la saison parce-que, quel que soit le classement, c’est un match qui n’est pas neutre. C’est un peu comme un Albi/Rodez qui sera le match suivant. En plus, il y a pas mal d’anciennes joueuses de l’ASPTT, certaines qui sont parties plus ou moins en bons termes avec l’ASPTT donc, ça met un supplément d’âme à ce match, à ce côté caliente ? 

Par rapport à ça, moi, je ne retiens pas forcément ces joueuses qui partent ou autre, en plus ou moins bon termes. Des joueuses ont décidé de ne pas continuer l’aventure avec nous, sachant qu’en plus, les filles qui sont au TFC sont pour la plupart des filles à qui on avait proposé des choses. C’est forcément que ce qu’on leur a proposé ne leur a pas convenu. A partir de là, ce sont leurs positions si elles estiment qu’elles ont des choses à faire valoir par rapport au club d’Albi. Mais, de l’autre côté, on s’est toujours bien occupé d’elles, on a toujours fait ce qu’il fallait. 

J’insistais surtout sur l’aspect revanchard. On l’a vu l’année dernière, beaucoup de filles qui avaient joué à l’ASPTT auparavant étaient venues planter leur petit but face à l’ASPTT. Ca donne surtout et aussi un supplément d’âme de jouer contre son ancienne équipe ? 

Oui, bien sûr. On l’a vu sur tous les autres matches de l’année dernière et de cette année. Dès que les anciennes d’Albi jouent contre nous, elles n’hésitent pas à nous mettre un petit coup de poignard, un petit coup d’aiguille mais c’est normal parce qu’elles sont dans un nouveau club, dans un nouveau challenge et elles aussi, elles jouent en quelque sorte pour leur peau. Et il faudra aussi un supplément d’âme dans ce match par rapport à cela, on est bien sûr complètement d’accord. Donc, ça va être un match qui sera certes pas du tout évident. 

On est dans une situation à l’ASPTT où, pour l’instant, on est bien en-deçà des ambitions initiales. Il y a eu un peu de temps pour digérer la dernière défaite à La-Roche-sur-Yon. Après ce temps de réflexion, comment analyses-tu cette situation ? 

Cette situation s’analyse de plusieurs manières. Déjà, ce sont les blessures. Ensuite, je pense que c’est également un côté psychologique qui joue cet effet-là. Derrière, je pense qu’il faut aussi compter sur notre responsabilité c’est à dire sur la préparation en soi à la base. J’ai confiance en ce groupe parce qu’il y a des qualités. Le simple fait, c’est ça lâche trop, trop facilement et qu’il faut qu’on arrive à trouver ce supplément d’âme qu’on a réussi à trouver contre Montauban. Mais surtout, ce qui nous plante actuellement, c’est vraiment ces blessures parce qu’on enregistre encore deux blessures supplémentaires pour ce week-end et pas des joueuses parmi les moindres. Donc, il va falloir vraiment que les jeunes qui sont dans le groupe mettent le bleu de chauffe. 

Et qu’elles prennent leurs responsabilités en montrant qu’elles méritent leurs places sur le pré ? 

Bien sûr. Ce pas qu’il y a entre 19 et seniors, il est monumental. Nos 19 de l’année dernière qui montent dans notre groupe cette année, il faut qu’elles montrent qu’elles sont vraiment capables. Alors oui, c’est peut-être rapide ou autre, on peut le penser et le dire mais quand on n’a pas le choix, on n’a pas le choix. Et surtout, quand on a la chance d’y être, il faut la saisir et il faut la garder. 

Ca peut être un immense challenge pour ces petites jeunes et même pour le groupe ? Tu nous parlais un peu de déficience mentale et psychologique sur l’approche des matches. Là, un derby, c’est un combat de tous les instants. Elles vont pouvoir prouver à tout le monde qu’elles ont ça dans le coffre, d’aller chercher des victoires à la gniaque ? 

Bien sûr. Mais, par rapport à tous ces éléments-là, je pense qu’il faut déjà entendre que, premièrement, toutes ces joueuses, si elles sont là, c’est qu’elles ont la confiance de Pat et de moi. Ensuite, deuxièmement, oui, c’est un derby, c’est un match de tous les instants, c’est un match où il va falloir être vigilants à tous moments. Il ne va pas falloir avoir peur, il va falloir oser, respecter les consignes et travailler à l’unisson parce-que c’est ce qui va se passer tout simplement sur ce genre de match là. 

Comment tu expliques que, contre Montauban, les joueuses ont fait preuve d’un courage, d’une solidarité, d’une détermination admirables ? Elles avaient fait un vrai match dans l’engagement et dans la solidarité. Et puis, tout se délite en déplacements. On dirait qu’il y a deux visages, un ASPTT en déplacement et un ASPTT à la maison ? 

Je suis complètement d’accord avec toi. Pour le moment, on le montre clairement. Le seul point qu’on a pris, c’était à la maison, les trois autres matches à l’extérieur, on a pris 0 point et on a encaissé pas loin quand même de 12 buts pour en marquer 3. Donc, il est sûr qu’on se déplace très mal. Après, pourquoi cette différence à la maison ? Peut-être parce-que la ferveur du public, le fait d’être à la maison, d’être chez soi rassemblent aussi les émotions et donnent l’envie et cet élan de combativité. Moi, je le vois comme ça pour le moment mais, on a fait qu’un match. Il faut voir sur la longueur, si ce week-end aussi on va être capable de répondre à cette adversité. Derrière, je pense que les filles, par rapport au match de Montauban, elles avaient quelque chose à rattraper, qui était le match de Nantes et qui était un non match complet. 

Avec un score très fleuve qui avait un peu giflé leur orgueil ? 

Tout à fait. Mais c’est surtout quand on voit qu’on fait un 0-0 contre Montauban et que Montauban, le week-end suivant, va gagner à Nantes 3-1. C’est bien qu’il y a quelque chose qui ne correspond pas. On travaille par rapport à cela, on avance tout doucement mais maintenant, il faudrait qu’on avance un peu plus vite. 

On va revenir un peu dans le passé. Si, en repartant du début de saison,  tu avais quelque chose à changer, tu changerais quoi à ce début d’exercice 2019-2020 ? 

On pourrait changer beaucoup de choses mais déjà, premièrement, est-ce qu’on a les moyens humains, est-ce qu’on a les moyens financiers, les moyens structurels ? Toutes ces questions doivent être posées. Bien sûr, dans un rêve, je ferai plein de choses mais ta question est relativement difficile. Pour le moment, on a le groupe et par rapport au groupe, il n’y a pas beaucoup de choses qu’on pourrait changer. Je pense quand même qu’on a fait énormément dans le staff au niveau de l’approche psychologique, sur l’approche mentale, sur l’approche physique. Pour moi, je pense qu’il faut tout simplement répondre à une demande. Il y a une citation que j’aime beaucoup et dont j’ai fait part aux filles, c’est qu’à un moment donné, comme disait Winston Churchill  » il ne sert à rien de faire de son mieux, il faut simplement faire le boulot « . On ne demande pas de faire de son mieux, on demande de faire le boulot, point barre. C’est tout ce que l’on demande et c’est ce qu’il va falloir faire à un moment donné. Parce qu’à l’heure d’aujourd’hui, le boulot n’a été fait que sur un match et pas sur les trois autres. 

Pour passer dans un autre registre et conclure cette interview, on l’a vu face à Montauban, il y avait un public qui s’était pris au jeu. Il y avait une véritable communion qui s’était faite entre les filles et le public dans un contexte un peu haletant avec un arbitrage qui avait soulevé la polémique. Tu peux peut-être aussi inviter ce public de Rigaud à revenir puisque je pense que ça a été une des parts prépondérantes dans ce sursaut d’orgueil qu’avaient eu les filles face à Montauban et qu’il va falloir rééditer face au TFC dans ce nouveau derby occitan ? 

Oui. Moi, tu vois, je ne sais pas si je vais répondre à tout ce que tu me dis, mais le derby occitan, comme le derby ruthénois, comme le derby tarnais, restent quoi qu’il en soit des matches vraiment à part entière à traiter différemment. Parce-que ce sont des guerres de clocher, il ne faut pas non plus se le cacher. On est sur la réputation d’une ville, d’un club, l’envie d’un peuple qui te pousse derrière.

Il y a même des enjeux stratégiques de sphères d’influence des clubs ? 

Bien sûr, tout est lié par rapport à ça, c’est un tout. C’est pour ça qu’un match face à Orléans est différent dans l’approche par rapport à un match contre Toulouse ou Montauban ou même encore Rodez la semaine prochaine. Ce sont des matches qui ne sont pas du tout évidents. Après, ça arrive à un moment de la saison qui n’est pas non plus évident parce qu’on a qu’un point et qu’il faut aller chercher ces points-là. Donc, ça va être pour moi un match de tous les instants où on aura besoin de toutes les forces vives : de nos bénévoles qui vont nous pousser et ça, j’en suis sûr et certain, de tous les éducateurs, de tous les jeunes, de tous les supporters albigeois qui peuvent venir se déplacer au stade. Ca va être important. Pourquoi ? Parce qu’il ne faudra pas forcément être 16 ou 19 avec le staff, il faudra être 20, 21 et même plus pour affronter cette équipe de Toulouse. Et c’est là qu’on a vraiment besoin de toutes les forces et de sentir cet encouragement et cette poussée parce-que là, on aura besoin de tout le monde. 

Pour finir, on va te demander les maîtres mots pour ce match face au TFC qui est primordial pour l’avenir et les ambitions de l’ASPTT

Pour moi, les trois mots pour conclure vont être l’envie, la patience et la rigueur. 

Propos recueillis par Loïc Colombié